29.12.14

Quand les mots...

...maquillent la réalité:

Europe1

Faits divers 

Nord : un SDF meurt d'hypothermie à Douai


24.12.14

Faits divers ...ressemblants

Hier et aujourd'hui à l'écran:


(Traduction du titre néerlandais :
Un camion à ordures tue accidentellement deux randonneurs)

En France, la tentation a été grande de rattacher le 1er fait divers à deux autres survenus peu avant, et de les considérer comme des attentats terroristes. Même beaucoup plus probable en l'occurrence, la mise en cause de déséquilibrés ne satisfait pas les revendications sécuritaires. Quand bien même elle s'avérerait prouvée on imagine bien que la mauvaise gestion de ces déséquilibrés viendra sur le tapis, étant bien entendu que personne n'en a dans sa famille. Mais de là à questionner la circulation automobile il y a un pas que la majorité parlante ne franchira pas. On pourrait pourtant compter combien il y a eu de morts au tableau de chasse des véhicules à explosion depuis leur invention, et se demander s'il n'était pas grand temps d'en diminuer le nombre - vu par ailleurs leurs exploits environnementaux.



23.11.14

Publicité

Dimanche 23 novembre 3014

France 3 Alpes:

La Ville de Grenoble va se passer de l'affichage publicitaire.

Les socialistes montent au créneau:

"[Décision] frappée au sceau du sectarisme et de l'idéologie la plus rétrograde[!]"

Et si  c'est le totalitarisme de la publicité sans limite qui était rétrograde?

Lundi 24 novembre, dernières nouvelles : après avoir entendu il y a peu que les opposants aux grands projets inutiles étaient des 'djihadistes', apprends aujourd'hui (France culture ce midi, de la bouche d'un invité) que le maire de Grenoble est un 'intégriste'.
Pourtant,  quoi de plus ressemblant (si ce n'est plus pervers) à l'ex-propagande communiste que l'emprise mondiale du système publicitaire?
Lequel n'a plus rien à voir avec la communication directe légitime d'un artisan ou d'une petite entreprise produisant des biens matériels.

17.11.14

Satisfactions et inquiétudes

Mardi 17 novembre 2014
Challenges
 
En 2014, les 1.200 plus grandes entreprises de la planète devraient redistribuer sous forme de dividendes 1.190 milliards de dollars. Et l'année prochaine s'annonce encore plus faste.
C'est bien sur l'effet du redressement des comptes des entreprises après le choc de la crise des subprimes, en 2007-2008, qui avait fait plonger l'activité économique sur toute la planète et réduit significativement les profits des entreprises. Depuis, les grands groupes ont fait le ménage, et l'économie mondiale est repartie.
[...]
La France n'est pas mal classée dans ce tableau : cette année, elle a versé plus de 80 milliards d'euros de dividendes.
Mais c'est au prix d'un très gros effort, qui se fait au détriment de l'investissement.


Nieuwsblad.be

Belgische werknemer kost 41 euro per uur

 Zorgwekkend is dat we in de industrie het duurste land van de EU zijn geworden, met een loonkost van 42,7 euro per uur. In de dienstensector moet België enkel Denemarken laten voorgaan
[...] 
 =

L'employé belge coûte 41 euros de l'heure

Ce qui est inquiétant, c'est que nous sommes devenus le pays le plus cher de l'UE dans l'industrie, avec un coût de salaire 42,7 euros par heure. Ce n'est que dans le secteur des services que le Danemark l'emporte. 


Satisfactions : l'économie mondiale "repartie", et "l'année prochaine" qui "s'annonce encore plus faste". Si l'on concède faire "un très gros effort", c'est "au détriment des investissements".
Le "ménage" fait ne soulève aucune inquiétude. Les fermetures d'usines, les  licenciements et le chômage ne sont guère évoqués, quand bien même ils font le bonheur des uns. Quant aux autres, le problème c'est qu'ils coûtent toujours trop cher.
Les folies bancaires de la crise des subprimes n'ont jamais vraiment posé problème et la question des petites gens a été résolue une fois pour toute : leur subsistance dépend de la richesse des possédants et des puissants.
On constate pourtant régulièrement, jusqu'à preuve du contraire, que les ressources des plus démunis évoluent dans le sens contraire de la richesse des riches. Comme si la pauvreté et le besoin des uns étaient en fait l'humus du contenu des coffres-forts.

23.10.14

Flux tendus

Des gens s'indignent, ou plus souvent s'effraient, ici et là, de l'afflux des migrants. 
Combien acceptent, ou considèrent comme une fatalité, ou pire trouvent réjouissant et même encore insuffisant le déferlement des camions? C'est cependant une bien plus grande calamité. Si le transport à tout-va est désormais devenu créateur de richesses, il ne peut s'agir que de celles de la minorité humaine qui détient la plus grande part des fortunes du monde et pose son derrière partout sur la terre. 
Pour ce qui est des autres gens, comme au bon temps des colonisations, on les éblouit et les corrompt à coup de sodas et autres écrans brillants, de pacotille et de parures qui aveuglent et endorment, de semblants de carrosses qui font se croire des rois et acheteurs et vacanciers. 
Pendant ce temps, continue la noria ininterrompue des semi-remorques, des porte-containers et des avions des nantis, de leurs esclaves rapprochés et des idolâtres convaincus, remplissant les coffres-forts paradisiaques,  quitte à détruire comme Attila tout sur son passage.
S'agit-il de la terre vivante, des plantes et des bêtes, des hommes et des femmes fabriquant à la main, peu importe. Chauffe Marcel! Les paysage sont en béton, les maisons et les choses en matériaux synthétiques irréversibles, et les perturbateurs endocriniens profitent joyeusement de la liberté d'entreprendre.
Les migrants cachent la forêt en flamme.
Abuser du pétrole nous fait perdre les pédales.

20.9.14

Mensonges & Co

C'est faux! 
Et je trouve malhonnête d'utiliser le nom des gens pour s'enrichir, sans leur permission.

Post-Scriptum: le mercredi 11 février 2014 après-midi
Plus fort encore. (Article du journal flamand Het Laatste Nieuws = Les Dernières Nouvelles)

http://www.hln.be/
http://www.hln.be/hln/nl/4125/Internet/article/detail/2214369/2015/02/11/Internet-heb-ik-niet-wel-Facebook-dat-denken-miljoenen-mensen.dhtml ___|

Traduction :
"Je n'ai pas Internet, mais j'ai Facebook" : des millions de gens pensent cela.
L'auteur de l'article cite bien sûr sa source : le site anglophone http://qz.com/top

http://qz.com/333313/milliions-of-facebook-users-have-no-idea-theyre-using-the-internet/

Je me souviens moi-même de R. m'annonçant au téléphone qu'elle avait désormais ordinateur et internet. Elle a bien réussi à me donner son adresse électronique mais n'est jamais parvenue à lire les courriers que je lui ai envoyés, me disant qu'elle ne pouvait pas communiquer en dehors du supposé "réseau social". 

Non sans raison, le journal flamand a ainsi introduit son article:

Hoe Facebook voordeel haalt uit het dichten van de digitale kloof.

C'est-à-dire:
"Comment Facebook tire avantage de la réduction de la fracture numérique"
Mot à mot plutôt lourd en français - on dirait plutôt "Comment Facebook en profite".

13.9.14

Non!

Vu ce matin un reportage éprouvant de l'
Union Britannique pour l'Abolition de la Vivisection (ou BUAV pour British Union for the Abolition of Vivisection)
concernant les expérimentations pratiquées sur des singes par un grand laboratoire européen.
J'en suis encore sous le coup, comme il y a tant d'années au sortir de la projection de Nuits et brouillard. Le rapprochement n'est pas dû à l'Allemagne, mais à l'horreur dont notre espèce est capable.
Ici : l'article en anglais, et ici : le film
Pour ma part je ne le regarderai pas une deuxième fois, je préférerai n'avoir jamais vu ces images, ou mieux, qu'elles ne soit pas réelles.

1.4.14

Matin gâché

1er avril : elles sont loin les farces, mais le printemps installé fait oublier l'hiver maussade et réanime d'anciens émerveillements. Vieux et enfants partagent au moins l'attrait des bêtes, de la terre et des plantes. Avoir cette année déjà vu deux fois dans un jardin urbain un grand papillon jaune jamais vu de ma vie ressemble à une annonce de fête et la découverte hier du Bombyle à trompe et à fourrure butinant les fleurs de myosotis en vol stationnaire vaut bien tous les colibris que je n'irai jamais voir. Telle était mon humeur quand je suis sorti dans la rue, et d'autant plus grande la colère qui m'a pris.

Marchant au rythme d'un véhicule chargé du poison, combinaison blanche et masque respiratoire, un jeune homme pulvérisait un liquide désherbant le long du trottoir, et c'était comme si tout d'un coup tout était effacé, que les puissances de mort avaient repris le dessus sur les petites vies que j'aime. Je repensais à l'escouade similaire qu'un voisin absent avait commandité pour nettoyer ainsi tout son jardin en friche. J'avais seulement réussi à les empêcher d'arroser l'allée le long de notre haie.

Ce matin, j'ai eu envie, tel un reporter de guerre, de prendre des photos, et en ai  fait quelques unes, pour aussitôt réaliser que les employés municipaux à l'œuvre en étaient en fait les premières victimes, et il était trop tard pour le leur expliquer. Car il est sûr que ceux et celles qui leur donnent ce travail ou fabriquent ces toxiques ne voudraient jamais que leurs propres enfants prennent leur place. Qu'apprennent-ils aussi, supposés s'occuper d'espaces verts, de parcs et jardin ? Toujours taillant, coupant, tuant, ne connaissant que les engins à moteurs et les mots en '-cide', que sauront-ils des plantes, de leurs soins, de leurs besoins et de ce qu'elles nous apportent?

J'ai aussi pensé que madame le maire fraîchement réélue, elle qui ne semble aimer que les arbres en bacs ou récipients plastiques, voulait marquer le coup ou bien son territoire : le débarrasser de tout ce qui dépasse et pousse sans autorisation. Mais je dois malheureusement reconnaître que les municipalités précédentes ne concevaient pas autrement la propreté.

Sale est l'herbe qui pousse au bord des murs, aux bords des trottoirs ou entre deux pavés. Sales les plantes qu'on a pas achetées et qui poussent quand même.

Emballages à tout-va, plastiques dans les fossés et sur les bas-côtés, dans les branches des arbres et dans les champs, PVC indestructible à toutes les portes et fenêtres, que du propre. Même le compost distribué au sortir de l'usine de bio-méthanisation n'est pas privé d'un insidieux saupoudrage de fragments synthétiques.

De même que le liquide que le garçon masqué ne doit pas respirer, peu importe qu'ils soient ou non des perturbateurs endocriniens : ils finissent par dégrader la terre, sans qu'aucun pouvoir s'en soucie. Pourquoi payer de l'énergie humaine ? On n'en a pas idée, on nous en vend bien d'autres.

Demain n'est plus un autre jour.



19.3.14

À la recherche du...

...jardin perdu:

Après Au nom de la terre, film de Marie-Dominique Delshing consacré à Pierre Rhabi et qui m'avait laissé dubitatif, suis retourné lundi à l'Alhambra en voir un autre, après lequel sont intervenus des membres du mouvement Colibris. La salle était pleine et j'ai découvert plein de fervents de la goutte d'eau. Je ne me moque pas, car je trouve l'idée effectivement intéressante. Pas comme ferment qui suffirait à donner corps et âme à n'importe quelle association, mais comme encouragement aux actions individuelles ou non formalisées qui peuvent, elles, être suivies ou imitées. Mon individualisme rédhibitoire se reconnaît dans le singulier du colibri, sans pour autant remettre en cause la conscience d'une cause collective, ni refuser les adhésions possibles.

Le film de ce soir là était Cultures en transition - titre que, comme l'autre, je trouve un peu trop "branché", je veux dire trop marqué et en tout cas pas fait pour m'emballer d'avance. C'est une fois sorti de la salle que je me suis rendu compte qu'on n'en avait presque pas parlé, alors qu'il avait représenté l'élément vraiment lumineux de la soirée. J'exagère un peu, car la personne qui est intervenue après la projection en a souligné une caractéristique essentielle : son côté positif. Non pas dans l'acception exhortatrice du slogan publicitaire mais dans ce qui y est montré, sinon démontré.

J'y ai découvert le jardinage urbain en Angleterre, l'agroforesterie en France et l'horticulture biologique à Cuba. Ce dernier point m'a semblé tellement enthousiasmant qu'il a motivé le présent billet. Après la chute du bloc soviétique, l'île castriste se voit privée d'un grande partie de ses moyens, parmi lesquels l'importation d'engrais, de pesticides et de tracteurs. Le grand frère était bien communiste mais partageait avec notre paradis capitaliste la même boîte à outils. La nécessité urgente aboutira de façon inattendue à une réussite à grande échelle de la culture biologique, et les images rapportées sont impressionnantes.

Je n'aurais pas voulu le relayer sans en savoir plus - il faut dire que la chose n'a jamais été ici à la une des journaux télévisés ou autres - et je pense avoir trouvé deux articles qui l'éclairent. Un dans Le Grand Soir : "Cuba : agriculture biologique et relocalisation de l’économie", et un sur cubanismo.net: "Le paradoxe de l'agriculture cubaine". Leur lecture nuance sensiblement l'information du documentaire et mon enthousiasme s'en trouve refroidi.

Non pas à cause de l'expérience réussie mais du fait que le vieux monde se défend, autant autour que dans l'île elle-même.

17.1.14

Pourra-t-on un jour...

... parler de délit ou de crime environnemental? 
Là-bas, on avait la banane et le Chlordécone

Qui l'a inventé et vendu?
Qui en a tiré le plus grand profit financier?

S’intéresse-t-on à toutes les conséquences futures des nouveaux produits chimiques et des nouvelles technologies?
Les états facilitent-ils la concurrence de ceux qui souhaiteraient s'en passer?

13.1.14

La Science...

...et la Vie : n°3 de juin 1913

L'année suivante, les tanks et autres chars d'assaut orneront les couvertures de la revue. Le titre de ce numéro-ci se superposait déjà à l'image d'un bateau de guerre, tous canons armés, mais son premier article est consacré aux menaces qui pèsent, déjà aussi, sur les grands animaux et évoque la création des réserves naturelles.
La première guerre mondiale démontrera la capacité des hommes à s'auto-détruire, techniquement démultipliée. Hiroshima la portera à la puissance supérieure.
Cependant, malgré la propagande dont on aura abreuvé les gens, consciente ou non, mais surtout les enfants compris,  que ce soit à l'école ou à l'aide d'images insérées dans les plaques de chocolat, l’œuvre de mort du siècle ne sera pas que le fait de belligérants avoués.
De l'agriculture à l'astronautique, qu'elles s'affichent ou qu'elles soient réellement bien intentionnées peu importe, les technologies totalitaires ne cesseront de détruire:
- et les techniques manuelles qui nous inséraient dans les cycles vivants,
- et les cycles et les organismes eux-mêmes, de l'homme aux insectes et des infiniment petits jusqu'à l'air, à l'eau et à la terre.
Le XXe siècle aura été le premier siècle des grandes destructions. Des champs de bataille aux champs soi-disant cultivés où plus un papillon ne bouge. Des réserves n'y changeront rien.