19.3.14

À la recherche du...

...jardin perdu:

Après Au nom de la terre, film de Marie-Dominique Delshing consacré à Pierre Rhabi et qui m'avait laissé dubitatif, suis retourné lundi à l'Alhambra en voir un autre, après lequel sont intervenus des membres du mouvement Colibris. La salle était pleine et j'ai découvert plein de fervents de la goutte d'eau. Je ne me moque pas, car je trouve l'idée effectivement intéressante. Pas comme ferment qui suffirait à donner corps et âme à n'importe quelle association, mais comme encouragement aux actions individuelles ou non formalisées qui peuvent, elles, être suivies ou imitées. Mon individualisme rédhibitoire se reconnaît dans le singulier du colibri, sans pour autant remettre en cause la conscience d'une cause collective, ni refuser les adhésions possibles.

Le film de ce soir là était Cultures en transition - titre que, comme l'autre, je trouve un peu trop "branché", je veux dire trop marqué et en tout cas pas fait pour m'emballer d'avance. C'est une fois sorti de la salle que je me suis rendu compte qu'on n'en avait presque pas parlé, alors qu'il avait représenté l'élément vraiment lumineux de la soirée. J'exagère un peu, car la personne qui est intervenue après la projection en a souligné une caractéristique essentielle : son côté positif. Non pas dans l'acception exhortatrice du slogan publicitaire mais dans ce qui y est montré, sinon démontré.

J'y ai découvert le jardinage urbain en Angleterre, l'agroforesterie en France et l'horticulture biologique à Cuba. Ce dernier point m'a semblé tellement enthousiasmant qu'il a motivé le présent billet. Après la chute du bloc soviétique, l'île castriste se voit privée d'un grande partie de ses moyens, parmi lesquels l'importation d'engrais, de pesticides et de tracteurs. Le grand frère était bien communiste mais partageait avec notre paradis capitaliste la même boîte à outils. La nécessité urgente aboutira de façon inattendue à une réussite à grande échelle de la culture biologique, et les images rapportées sont impressionnantes.

Je n'aurais pas voulu le relayer sans en savoir plus - il faut dire que la chose n'a jamais été ici à la une des journaux télévisés ou autres - et je pense avoir trouvé deux articles qui l'éclairent. Un dans Le Grand Soir : "Cuba : agriculture biologique et relocalisation de l’économie", et un sur cubanismo.net: "Le paradoxe de l'agriculture cubaine". Leur lecture nuance sensiblement l'information du documentaire et mon enthousiasme s'en trouve refroidi.

Non pas à cause de l'expérience réussie mais du fait que le vieux monde se défend, autant autour que dans l'île elle-même.