23.10.14

Flux tendus

Des gens s'indignent, ou plus souvent s'effraient, ici et là, de l'afflux des migrants. 
Combien acceptent, ou considèrent comme une fatalité, ou pire trouvent réjouissant et même encore insuffisant le déferlement des camions? C'est cependant une bien plus grande calamité. Si le transport à tout-va est désormais devenu créateur de richesses, il ne peut s'agir que de celles de la minorité humaine qui détient la plus grande part des fortunes du monde et pose son derrière partout sur la terre. 
Pour ce qui est des autres gens, comme au bon temps des colonisations, on les éblouit et les corrompt à coup de sodas et autres écrans brillants, de pacotille et de parures qui aveuglent et endorment, de semblants de carrosses qui font se croire des rois et acheteurs et vacanciers. 
Pendant ce temps, continue la noria ininterrompue des semi-remorques, des porte-containers et des avions des nantis, de leurs esclaves rapprochés et des idolâtres convaincus, remplissant les coffres-forts paradisiaques,  quitte à détruire comme Attila tout sur son passage.
S'agit-il de la terre vivante, des plantes et des bêtes, des hommes et des femmes fabriquant à la main, peu importe. Chauffe Marcel! Les paysage sont en béton, les maisons et les choses en matériaux synthétiques irréversibles, et les perturbateurs endocriniens profitent joyeusement de la liberté d'entreprendre.
Les migrants cachent la forêt en flamme.
Abuser du pétrole nous fait perdre les pédales.